Cyril Akpomedah : « J'ai retrouvé mes deux jambes... »
mardi 24.11.2009, 05:02 - La Voix du Nord
| • BASKET-BALL EUROCHALLENGE |
Le BCM attaque les choses sérieuses et les cadences plus soutenues avec le début de la Coupe d'Europe, ce soir. Gravelines accueille les Monténégrins de Podgorica à Sportica (lire en page sports région). Avant ce match, Cyril Akpomedah, l'un des maillons forts de l'équipe nordiste (13,2 points, 7,5 rebonds, 2,2 contres sur les quatre derniers matchs), donne son ressenti sur sa forme, l'alchimie de l'équipe ou le niveau de l'adversité en Eurocoupe, la 3 e dans la hiérarchie continentale.
PAR FRÉDÉRIC SOURICE
dunkerque@lavoixdunord.fr PHOTO JEAN-CHARLES BAYON
> Cyril, on a l'impression que vous avez recouvré toutes vos sensations ?
« J'ai retrouvé mes deux jambes (1)... J'ai cette impression. Enfin. J'ai retrouvé mes facultés d'avant ma blessure. Ça fait plaisir. Je ne suis plus dans la réflexion. Je prends mes appuis et j'y vais à 100 %. Ça libère une barrière psychologique. Et physiquement, c'est bien mieux.
» > On a aussi le sentiment que vous prenez du plaisir à évoluer dans cette équipe ?
« C'est clair, il y a une bonne ambiance. On est tous sur le même objectif : gagner les matchs. Du coup, ça joue en équipe, pas chacun pour soi. Tout le monde à un moment défini va apporter. » > Six victoires, deux défaites en championnat : c'est un premier bilan rassurant pour le BCM. L'équipe semble bien vivre sans remplaçant à Curtis Sumpter... « Oui, tout le monde joue, est content. Ça aide. Après, on a moins de marge de manoeuvre. Mais ce n'est pas dit qu'on reste toute la saison comme ça. On se débrouille bien dans cette configuration. Il n'y a pas de raison d'être pressé. Il faut trouver le profil qui corresponde vraiment, puis que le gars se fonde dans le groupe. Là, on a un équilibre, on s'entend bien. J'ai déjà vécu ça dans ma carrière : un seul joueur peut tout changer.
Dans le bon sens ou le mauvais. Ça peut être un truc de fou pour l'équipe ou le bordel. » > Ces débuts en Coupe d'Europe et Pogdorica, ça doit vous dire quelque chose puisque vous avez joué dans ce type de championnat, en Bosnie, à Siroki, en 2007.
« Je connais ce genre de championnat. Là-bas, ce sera la boîte à claques ! Un peu folklorique. Ça défend fort, les arbitres ne sifflent pas. C'est leur jeu (souriant). Après, je lis dans certains journaux que ce ne sont pas de bons championnats. Dans l'équipe où j'étais, Stanko Barac a été drafté NBA au 1er tour (39e position en fait par Miami), un autre est parti jouer en Espagne avec Risacher, deux au Cibona Zagreb, plus le coach... Peut-être pas en bas, mais dans le haut de tableau de ces championnats, c'est fort. » > On voit que les clubs français souffrent en Coupe d'Europe, notamment en Euroligue. Le débat revient souvent sur le manque de compétitivité de la Pro A dans ces épreuves. Qu'en pensez-vous ?
« Il n'y a pas le même style de joueurs. La Pro A est très athlétique. Il n'y a pas non plus le même pouvoir financier. les clubs ne peuvent se payer des intérieurs de 2,20 m. Ça fait souvent la différence en Euroligue. Rajoutez deux postes 5 de niveau Euroligue aux clubs français et ce ne sera peut-être pas la même chose. Childress à lui tout seul vaut presque le budget d'Orléans. Le problème, c'est qu'Orléans joue Olympiakos... En France, tout le monde ne peut pas sponsoriser. À Charleroi, c'était Corona notre partenaire. Comment ils vont garder un gars comme Gourcuff ? (NDLR : Cyril Akpomedah fait référence à la suppression du DIC, droit à l'image collectif). Après, il ne faudra pas être surpris du niveau ou du fait que les gars partent. En fait, il faut savoir ce qu'on veut. » •
(1) Cyril Akpomedah avait joué diminué l'essentiel de la 2e partie de saison passée en raison d'une blessure à la cheville.
5BCM - PODGORICA, ce soir, 20 h 30, Sportica.
- BCM : Woodside, Rousselle, Bokolo, Pope, Johnson, Stanley, Akpomedah, Edwards, Lewin, Zerbo.
La voix du nord